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17/07/2007

Quelques dates à retenir pour ces prochains jours

Parmi les spectacles proposés lors du 3ème festival de théâtre à Colomar « les Colo’comédies 2007 », il y en a deux qui me paraissent intéressants :

Le samedi 21 juillet, à 20h30 – « Rencontres », de Guy FOISSY (l’affiche mentionne Guy FOSSY, mais c’est sûrement une erreur…), interprété par la Cie l’Épigramme, dont j’avais autrefois interviewé l’une des comédiennes (cliquer ICI pour relire l’article).

Le dimanche 22 juillet, à 20h00 - « Les Fourberies de Scapin », de MOLIÈRE, interprété par la Cie La voix du Silence, que j’ai vue à l’œuvre dans « l’Avare », du même auteur. Je peux dire que leur version Commedia dell’Arte est excellente, on voit que c’est un style qu’ils travaillent depuis longtemps. Renseignements au   04 92 15 17 34   ou   06 03 13 86 14
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Marie-Pierre FOESSEL Chante Gainsbourg
d’une façon très personnelle dans son excellent récital « l’O à la bouche ».

En juillet, les mardi 17 et mercredi 18 puis les mardi 24, mercredi 25 et jeudi 26 ; à 21h00.
Au Théâtre du Cours, salle de l’Atelier (rue de la Barillerie)
Renseignements – réservations au 04 93 80 12 67

Enfin, une comédie "jardinière" et "déambulatoire" : « le Tour de l’Infini », de Thierry VINCENT, interprété par la Cie BAL.

Cela fait deux fois que j’essaye d’assister à une de leurs représentations, mais à chaque fois mes essais sont contrariés. Donc, pas vu. Malgré tout, leur programme me met l’eau à la bouche.

Si quelqu’un parmi vous souhaitait aller voir ce spectacle (pour petits et grands), qu’il n’hésite pas ensuite à nous en faire un commentaire, je le reproduirai ici volontiers.

C’est à 19h00, les jeudi 19 et mardi 24 juillet, au Trophée des Alpes de La Turbie ;

ou les vendredi 20 et samedi 21 juillet, toujours à 19h00, à la Serre de la Madonne, à Menton.

L’entrée étant gratuite et le nombre de places limité, les réservations sont obligatoires, au 06 20 78 54 60.

Ainsi, l’été, beaucoup de spectacles se passent en plein air, dans des structures construites pour cet usage, ou bien dans des lieux détournés de leur fonction habituelle. Le public est souvent plus décontracté, les imprévus sont plus nombreux (bruits provenant du voisinage, animaux intempestifs…)

Que l’on ne s’imagine pas pour autant reproduire les mêmes cérémonies que nos prédécesseurs de l’Antiquité : à cette époque, les spectacles étaient joués en fin d’après-midi, vers le mois de mars. De plus, d’après ce que j’ai lu, le public était beaucoup moins discipliné que de nos jours…

Qu’à cela ne tienne, profitons de l’été pour aller au spectacle, découvrir de nouvelles choses.

10/05/2007

P. I. A. F.

Quatre lettres seulement, mais qui en disent tant ! Je suis donc allé voir ce spectacle de chant dont j’ai parlé lors de mon dernier article (voir plus bas).

D’ordinaire, il me faut toujours plusieurs minutes pour arriver à m’immerger dans une histoire. Mais ici, est-ce parce que je ne suis pas chanteur ? Je me suis très vite laissé transporter par cette voix qui nous servait de si belles émotions. Les photos insérées ici ne suffiront pas hélas à illustrer l’ambiance qui était perceptible ce soir là. Un lieu comme l’Impasse Théâtre, déjà cité sur ce blog, était particulièrement bien adapté à ce genre de récital. La proximité avec le public servant bien le côté profondément humain et populaire des chansons de « la Môme ». Un spectacle parfaitement au point, bénéficiant d’une mise en scène simple mais donnant une touche personnelle bienvenue, incluant des textes de présentation.
Une seule chose m’a chagriné durant cette petite heure et demi : une compagnie était venue agrémenter le spectacle avec des performances dansées. L’idée était bonne, voire originale ; mais malgré leur talent, les deux jeunes danseuses nous ont servit une chorégraphie trop académique, et surtout sans rapport avec l’univers de PIAF. La danse et la chanson faisaient des interférences sans jamais se sublimer. Faudrait-il abandonner pour autant cette piste ? Ce serait dommage. Mais je crois qu’il faudrait alors y consacrer davantage de séances de travail et de recherche.

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Aucun temps mort et un public conquis, il ne s’agit pas d’une pitoyable imitation sans intérêt, mais bien de chansons interprétées avec le cœur par une femme qui a une voix et une sincérité bien à elle. L’artiste, qui a choisit comme nom de scène Babeth, a bien voulu répondre à quelques questions, tout juste après son récital.

En interprétant les chansons d’une artiste comme Édith PIAF, est-ce qu’on ne se sent pas un peu écrasé par le personnage ?
Le personnage est écrasant, j’en suis consciente, mais je ne me sent pas écrasée de l’interpréter. Vous avez bien vu les gens comme ils ont bien réagis aux chansons. Les chansons, ce qui est important, c’est de les interpréter. Et moi, je suis heureuse au contraire, heureuse de pouvoir chanter PIAF. Je ne l’imite pas : je la chante.
Oui, on a bien vu : vous n’avez pas la même voix, pas le même look ! Vous n’imitez pas Édith PIAF mais vous interprétez ses chansons.
Voilà, je me refuse à imiter PIAF.
Est-ce qu’on se fait mal en interprétant ce genre de chanson ?
On s’investit complètement dans une chanson, par exemple « Mon Dieu » ou « Mon Légionnaire »… on l’habite quoi, et moi, c’est ça ma passion.
Mais est-ce que cet investissement, justement, ne provoque-t-il pas de la douleur ?
Non, c’est que du bonheur pour moi ; non, non, je ne souffre pas. (sourire) Je fais passer la souffrance qu’on peut ressentir dans les chansons d’Édith, mais moi je ne souffre pas.medium_Illustre-Piaf-06.jpg
Quel(s) sacrifice(s) vous aura-t-il fallu consentir pour pouvoir présenter un spectacle comme celui-ci ?
Ce n’est pas moi que j’ai sacrifiée en fait, moi je me fais plaisir ! Mais on est obligée de sacrifier un peu son conjoint – parce que je suis mariée. Parce que vous voyez là je suis ici ce soir et lui il est à la maison tout seul. Car lui ce n’est pas sa passion. Vous voyez, il y a juste ça qui est un peu embêtant. Mais sinon tout va très bien.
On peut donc avoir une passion dévorante et avoir une vie de couple qui se passe bien ?
Voilà ; mais il sait que cette passion-là c’est très important pour moi ; et donc, il ne m’empêchera jamais de le faire… Mais c’est vrai que lui, de temps en temps, il est un peu seul.
medium_Illustre-Piaf-09.jpgQuelle formation, quel travail vous a le plus servi pour votre spectacle de ce soir ?
Ce qui m’a beaucoup servi, c’est le théâtre. Je suis toujours au Conservatoire figurez-vous. Cela fait douze ans que je suis dans un Conservatoire, et je fais ma dernière année en deuxième année de perfectionnement.
On peut rester douze ans au conservatoire ?
Eh bien oui, parce c’est comme à l’école : on commence en préparatoire, puis en élémentaire etc. et on finit en perfectionnement. Maintenant, ce qui me reste, c’est pour être professeur, mais je ne veux pas le devenir.
Mais en tant que chanteuse ou en tant que comédienne ?
En tant que comédienne. La présence sur scène me vient de là.
Et un peu la mise en scène, non ? Car il y a une mise en scène là aussi.
Bien sûr, c’est un ensemble. Quand on fait du théâtre on apprend à vivre les situations, en fait ; le corps suit. Je chante une chanson, je n’ai pas besoin de penser à mes gestes, ils viennent tout seul.
C’est un peu le système de Stanislavski…
Peut-être, un petit peu, si vous voulez… Mais bon, pas trop…
Quel est votre professeur ?
Il s’appelle Lucien ROSSO. C’est un excellent professeur de théâtre. C’est avec lui que j’ai travaillé les textes ; il m’a beaucoup aidé à leur élaboration. La voix que vous entendez – la voix off, le texte de COCTEAU – c’est lui qui le dit !
La compagnie Chrysalide, qui participe à votre spectacle, en faisait-elle partie dès l’origine ?
Non, c’est rapporté. Disons que la petite Célia est venue me voir en janvier quand je suis passée ici, elle est venue deux fois, et puis elle a fini par venir me voir en me disant : votre spectacle vraiment me plaît ; je suis danseuse, est-ce que vous accepteriez que je crée des chorégraphies sur certaines de vos chansons et que je partage le spectacle avec vous. Je lui ai dit : écoutez, quand on a une passion, il faut aller au bout. Ça vous plaît, moi je suis là, allez-y, proposez-moi quelque chose. La prochaine fois que je passe je vous regarde et je déciderai. Et voilà, elles sont là ; elles ont bien travaillé !
medium_Illustre-Piaf-04.jpgC’est une belle démarche… Les chansons de PIAF sont-elles fixées dans la gélatine ou bien sont-elles encore vivantes pour le public ?
C’est quelque chose qui n’est pas prêt de se perdre. Parce que ces chansons peuvent vous toucher quelque part, parce que vous aurez vécu quelque chose qui y ressemble, comme n’importe quelle chanson de maintenant. Voilà pourquoi ces textes sont éternels. Ça ne s’arrêtera jamais.
Est-ce que vous accepteriez de recommander un spectacle qui n’est pas de vous, ni de votre entourage ?
Oui, bien sûr. Il y a un garçon qui s’appelle Luc BRIAN. Et je crois que si je devais proposer un spectacle quelque part, je le proposerais. Quand un spectacle me plaît, qu’il me touche, et que je vois que ça tient la route, alors c’est sans problème.

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Je ne manquerai pas de terminer cet article en vous conseillant de vous rendre sur le site de Babeth en cliquant ICI. (Ce site sera, comme désormais, mis en lien sur la colonne de gauche !)

30/03/2007

« Moins 2 » : 18 sur 20

Roger DUMAS avait eu le Molière "meilleur comédien second rôle" en 2006 pour son interprétation dans cette pièce [ cliquez ICI pour (re)lire l’article ]. Mais ce soir, une affichette nous annonçait que le comédien à la voix puissante et au timbre si particulier était encore malade. C’est Jean-Louis BÉRARD qui le remplaçait. Nous espérons bien sûr que Roger DUMAS va se rétablir prochainement. J’imagine qu’un tel changement a dû profondément changer la tonalité de la pièce. En effet, même si son remplaçant est tout à fait à la hauteur, son accent et sa prosodie font davantage penser à quelqu’un comme Fernand SARDOU plutôt qu’à Roger DUMAS.

medium_Illustre-TNN-02.jpgMalgré cela, le tandem de ces deux caractères différents fonctionne parfaitement. En effet, cette pièce très bien écrite par Samuel BENCHETRIT fonctionne souvent comme un enchaînement de sketchs, presque un duo comique. Le fil rouge cependant est un sujet grave : la mort. La mort certaine et toute proche. Et l’amour aussi, l’amitié. C’est un système très efficace que d’aborder des sujets aussi sérieux en déclanchant le rire. Et ici, le rire flirte souvent avec l’humour noir ; le style de jeu habituel à Jean-Louis TRINTIGNANT est ici bien employé. Un autre système efficace est celui d’une scénographie réduite aux accessoires les plus essentiels, accessoires qui constituent presque à eux seuls le décor.

Tous les autres personnages sont joués par Alexandra LONDON et Manuel DURAND. Samuel BENCHETRIT, qui signe aussi la mise en scène, fait ici un choix qui n’est pas rare au théâtre. Il m’est déjà arrivé de jouer plusieurs rôles dans un même spectacle. Il s’agit souvent d’un clin d’œil, d’une manière de montrer que ce n’est pas tout à fait sérieux.

Le programme annonce un spectacle d’une durée de 1h40, mais ce soir là, c’était plus court. Il y avait bien 5 minutes de moins. Rires moins nombreux ? (si, si, ça agit sur la durée d’un spectacle, je peux l’affirmer), coupures volontaires ou pas dans certaines scènes ? Je pense plutôt que cela a été dû à quelque chose comme le rythme plus rapide de Jean-Louis BÉRARD par rapport à celui de Roger DUMAS.

Est-ce une déformation : au début du spectacle, je commençais déjà à me demander ce que j’allais écrire dans cet article, lorsque je fus gêné par la faible portée de la voix des comédiens. Je me disais que peut-être tout le monde s’était ajusté au volume le plus faible, afin de ne pas créer de différence perceptible. Mais tout de même, j’étais situé près de la scène, que pouvaient donc bien entendre ceux qui se trouvaient au Paradis ? (le « Paradis » désigne la galerie située tout en haut de la salle ; le tarif est moins cher et, souvent, lorsqu’on veut louer une place au dernier moment, il en reste toujours dans ces étages élevés…) Mais très vite j’oubliais ce problème, constatant que la salle toute entière riait de bon cœur à chaque occasion. Ce n’est qu’une fois dehors que je fus rejoint sur un passage clouté par un couple de personnes âgées. L’homme me dit, en attendant que le signal piéton passe au vert : « Dommage qu’on n’entendait pas trop bien, car cette pièce est vraiment bien écrite. »

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Pour terminer ce compte-rendu, je vous invite à découvrir un commentaire très différent en cliquant ICI. Je n’ai pas eu le temps de chercher où cette spectatrice avait pu voir la représentation qu’elle commente.

21/03/2007

S.O.S.

Lors d’un récent repas pris en famille, j’ai dû subir les attaques de toute la tablée :

 

« Alors Luc, quand est-ce qu’on te voit dans une autre comédie ?

- Eh bien, après « les Femmes Savantes », je vais jouer dans une pièce de FASSBINDER, « Gouttes dans l’Océan », c’est un très beau drame qui est …

Et là on m’a coupé la parole : Ah mais alors c’est pas une comédie – Ah mais alors on rie pas ! Ah mais alors ça va être "prise de tête" - Ah moi si on rigole pas je viens pas… etc. Combien de temps encore devrais-je entendre qu’un spectacle, s’il ne fait pas rire, est forcément difficile à comprendre et ennuyeux. Les choses douloureuses, les choses d’apparence complexe, les choses graves n’engendrent pas forcément des spectacles rébarbatifs et incompréhensibles bon sang !

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Au secours ! Tous ceux qui pensent que la Culture ne peut pas être monochrome, répétez-le autour de vous : que l’on cesse d’imaginer que les pièces de Jean-Paul SARTRE sont des casse-tête pour intello ! Cela n’a rien à voir. Chacun d’entre nous, quels que soient son éducation et ses goûts, peut aller voir ce genre de spectacle. Il ne s’agira pas pour lui d’aller se creuser la cervelle ou perdre son temps, il s’agira pour lui de recevoir ce qu’on lui donne avec sincérité et amour ; et même de participer à une grande et belle cérémonie : celle de la communication collective. Excusez du peu !

Je suis peut-être le plus petit comédien du monde, mais j’ai l’immense prétention de penser que chaque chose de moi que je lance sur scène finira bien un jour par porter ses fruits. Attention, je ne suis pas naïf : un spectateur un peu trop économe qui irait voir « l’Avare » de MOLIÈRE n’en ressortirait pas moins avare ! Bien sûr que non. Mais, tout ce qu’on lâche lors d’une représentation finit tôt ou tard chez l’un ou l’autre des spectateurs, d’une façon imprévisible. IMPRÉVISIBLE mais POSITIVE.

« Combien de gens ne sont abstraits que pour paraître profonds » disait… je ne sais plus qui. Et l’art en général est victime de ces usurpateurs, qui ont rendu le public méfiant. Il y a, parmi les liens proposés sur la colonne de gauche, celui du blog de Christian, qui nous raconte la vie à la campagne, avec ses ânes. Et bien, ce blog est donc monotone et triste ? Il ne faut pas aller le visiter ? On risque de s’y ennuyer ? Il ne se passe jamais rien dans les collines désertées par les hommes ? J’ai eu la chance d’être invité à passer une journée "la haut" avec ces ânes. Là-bas, pas de centre commercial, pas de bar, de pub, pas de plage ni de rue animée ; pas la peine d’emporter de l’argent. La photo qui orne le papier peint de mon PC représente mon fils guidant une des ânesses sur un chemin caillouteux. Le bonheur qui se lit sur son visage est sans égal, un bonheur différent.

Allez donc voir des pièces de ANOUILH, FASSBINDER, IONESCO ou SARTRE et goûtez enfin des moments différents.

08/03/2007

Marie-Ségolène présente

Aujourd’hui, Je vous propose simplement de lire la transcription du sujet abordé par la candidate PS sur CANAL + à 19h45. C’est l’artiste CALI qui a soulevé la question. Était également présente la comédienne Jeanne MOREAU.

 

medium_Illustre-Marie-Segolene-02.JPGCALI : [ … Le statut des Intermittents ] est l’aide la plus efficace pour le monde artistique. Et, évidemment, il y a donc un déséquilibre financier, on le sait, mais on sait aussi, c’est terrible, que c’est dû à des abus d’entreprises, des entreprises de télévision ou des entreprises de production, des entreprises même publiques, qui n’hésitent pas à payer comme des Intermittents des présentateurs, des réalisateurs, des techniciens alors que ces gens là ont des contrats à durée déterminée, ont des contrats à long terme et, évidemment pour ces entreprises, c’est beaucoup plus avantageux pour payer les journées de congés ou les jours de repos, de faire payer ça àmedium_Illustre-Marie-Segolene-01.2.JPG la collectivité. Mais c’est quand même scandaleux aujourd’hui de voir que ce sont les artistes qui sont dans la précarité, les plus démunis, et qui sont les vrais représentant de la culture en France, qui subissent ces abus, ces abus qui sont… ont va dire tolérés. Alors aujourd’hui… enfin ça fait cinq ans quand même que le gouvernement n’a pas fait grand chose, tourné autour du pot ; il a fait des mauvaises propositions. Et ça fait cinq ans qu’il y a un vivier d’artistes qui est en train de se tarir en France et c’est dramatique et dangereux. Alors ma question est simple : si vous êtes élue, que ferez-vous pour le statut des Intermittents du spectacle ?

 

medium_Illustre-Marie-Segolene-08.2.JPGMarie-Ségolène ROYAL : D’abord c’est vrai que… il faut déplorer qu’un système qui fonctionnait bien ait été cassé ; même si, comme tout système, il a besoin d’être réformé : s’il y a des choses qui ne fonctionnent pas bien réformons, mais ne cassons pas. Donc, je reprendrai la discutions avec les organisations des Intermittents du spectacle, parce que je crois qu’il y a un paradoxe assez terrible : d’un côté une société qui a soif de culture – il n’y a pas assez de culture, il faut la mettre massivement dans tous les rouages de la société – et de l’autre, des artistes qui sont au chômage. Donc il y a quelque chose qui ne va pas, et je crois que la valeur artistique n’a pas le droit d’être gaspillée. Et moi je veux une société qui intègre à tous les niveaux de l’activité la dimension culturelle. Et donc ce que je veux aussi c’est que les Intermittents trouvent du travail, trouvent des activités, que les entreprises de spectacles soient florissantes, et on l’a vu lorsqu’il y a eu les grèves des Intermittents, on a vu à quel point la culture était aussi une filière de développement économique, sociale et culturelle très importante, avec beaucoup d’emplois à la clé. Des développements des territoires considérables ; je le vois moi avec les Francofolies de La Rochelle, par exemple, ça fait vivre la restauration, l’hôtellerie, donc ça créé des emplois secondaires. Très très important : tous les festivals, aujourd’hui, partout sur le territoire, les festivals constituent des points d’appuis très fort du développement économique. Je ne veux pas dire que la culture ça n’est que le développement économique, mais on a trop souvent marginalisé ou dénigré ces aspects culturels que moi je veux les remettre au premier plan d’une dynamique d’un pays qui se relève. Et en tout cas les négociations seront reprises très très vite.

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medium_Illustre-Marie-Segolene-06.2.JPGJeanne MOREAU : [ … ] Le marché du cinéma s’est transformé avec les nouveaux débouchés, avec Internet et tout ça. Donc c’est un équilibre très délicat. Et il y a aussi le financement du cinéma français qui est perturbé, qui est transformé. Donc c’est pas seulement ne pas employer les artistes qui ont du talent ou mal les employer, mais il y a toute une organisation de production, et d’ailleurs Pascal FERRANT en avait très très bien parlé…

 

 

Je rajouterai, pour terminer, que ce problème du financement des Intermittents est antérieur aux cinq dernières années, mais qu’il s’est encore aggravé par le manque de réponse appropriée de la part du gouvernement.

Enfin, on ne peut résumer le déséquilibre financier du système au seul emploie quasi frauduleux de certaines maisons de productions. Des abus ont parfois été le fait d'artistes qui ont su profiter de ce système.

Cette question des Intermittents prend de plus en plus des allures d’usine à gaz. C’est la raison pour laquelle je suis resté sur ma faim, car j’espérais une réponse plus approfondie et surtout plus concrète de la part Marie-Ségolène ROYAL.

28/02/2007

Quelques annonces

L’Impasse Théâtre (cliquez ICI pour lire l’article à son sujet), nous communique l’information suivante :

« LES JOURNEES POËT POËT »

JEUDI 15 MARS à 21H00

ENTREE GRATUITE

SOIREE MUSICALE « LES LETTRES ENCHANTEES »

Avec:

CLEMENT (nouvelle scène)

PHILIPPE PETIT, "Notes et Mots" (jazz)

Et autres artistes...

Les journées "Poët Poët" vous proposent un programme d'animations hétéroclite pour tout public :

la poésie dans tous ses états d'art...

...Le mot, le son, la voix, la peinture, l'écriture, la musique, la photo...

...Réunir les différences et susciter le débat. ...

Dans des lieux à [re]découvrir ...

Rendre la poésie accessible auprès d'un large public ou quand le grand public accède à la poésie

pour plus d'info sur ces journées ou écouter:

www.unepetitevoixmadit.com 

L'IMPASSE THÉÂTRE
Rue de la Tour
VIEUX NICE
Tél: 06.70.62.19.34 ou 04.93.92.66.25
theatrelimpasse@free.fr
WWW.THEATREDELIMPASSE.COM

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La Cie ALCANTARA quant à elle nous communique cette annonce :

 

En collaboration avec l’AMEJDAM (Association pour la Mémoire des Enfants Juifs Déportés des Alpes-Maritimes) Et dans le cadre d’une cérémonie officielle pour la pose d’une plaque commémorative au Lycée Masséna ;

 

La Compagnie Alcantara donne une représentation exceptionnelle : 

Le Mercredi 14 Mars 2007 à 18h30

à l’Espace Association, Place Garibaldi 06300 NICE

  « PAROLES D’ÉTOILES »

Mémoires d’enfants cachés 1939-1945

d’après le recueil édité par Radio France

 

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Pour terminer ces brèves, une info que j’ai glanée et que vous ressert là telle quelle :

L’Espace Magnan pense donner plus de place au cinéma dans sa programmation ; cette bonne nouvelle s’accompagne d’une moins bonne : cela se fera au détriment du théâtre. C’est fort logique : ce lieux culturel, qui a réussi a devenir un des grands pôles de la culture à Nice, n’a toujours que deux salles (la salle "Jean VIGO", 149 places et la salle de "la Rampe Rouge", 40 places)

C’est un lieu qui me plait et j’espère un jour avoir le temps de vous le présenter d’avantage.

15/02/2007

Un peu trop

Je suis allé voir « On ne Badine pas avec l’Amour », d’Alfred de MUSSET, au Théâtre Francis GAG. C’est un spectacle présenté par le TNN, mais réalisé par le Théâtre des Grands Chemins

Il est toujours difficile de reprendre une œuvre classique qui a déjà été jouée un grand nombre de fois et étudiée dans beaucoup de lycées. Il faut avoir un parti pris qui puisse justifier que l’on ai la prétention de monter un tel spectacle. Imposer sa vision d’une œuvre qui fait partie du patrimoine culturel commun.

Régis BRAUN, le metteur en scène, a semble-t-il choisi de faire de Camille et surtout de Perdican, des personnages assez actuels (et donc ressentis comme plus proches de chacun de nous). Cette impression est moins due aux costumes contemporains qu’à la façon qu’on les comédiens de dire le texte. A leur attitude aussi, un brin "humour et auto-dérision" ; ainsi qu’une certaine chorégraphie incluse dans quelques scènes. Cette façon de faire leur permet effectivement de trouver une nouvelle manière de dire le texte, mais aussi de jouer les situations. Un peu trop nouvelle d’ailleurs, c’est le revers de la médaille : nos deux personnages principaux semblent avoir trop de recul par rapport à leur situation, alors que la trame de cette pièce, c’est précisément l’histoire de jeunes gens complètements dépassés par leurs sentiments. La conséquence étant, je crois, que certains passages forts de la pièce ont perdu en intensité dramatique. L’ensemble est bon pourtant. Si une personne de votre entourage découvre MUSSET et trouve sont style trop précieux, qu’il aille donc voir ce spectacle, les comédiens ont une façon efficace de faire passer des dialogues au style très littéraires pour une conversation « badine » et presque ordinaire. On ne s’ennuis pas un seul instant pendant les 1 heure et 15 minutes que dure ce spectacle sans lourdeur ni temps mort.

Mise à part Rosette, la sœur de lait de Camille, les autres personnages sont des caricatures, des pantins au service du drame central. Régis BRAUN a choisi de ne pas les montrer sur la scène. De simples voix off énoncent le texte, accentuant encore leur côté fantoche. Mais cela nous prive, en revanche, du plaisir de voir évoluer sur scène des personnages plutôt drôles. Il est vrai qu’à l’origine, ils servaient également à "aérer" la pièce, au drame si pesant. Avec cette mise en scène plus légère, c’était moins utile.

Je terminerai en rappelant que j’avais déjà parlé de MUSSET au sujet d’une autre de ses grandes œuvres : « les Caprices de Marianne », pour relire les articles, cliquez ICI et LA.

« On ne Badine pas avec l’Amour » , c’est au théâtre Francis GAG

4, rue Saint-Joseph - Vieux-Nice

jusqu’au samedi 17 février à 20h30 et le dimanche 18 février à 15h00

réservations :

TNN–04 93 13 90 90 / Grands Chemins–06 22 75 61 59

C’est une des répliques les plus connues de cette pièce : (fin de la scène 5 - ACTE II) « Adieu, Camille, retourne à ton couvent, et lorsqu'on te fera de ces récits hideux qui t'ont empoisonnée, réponds ce que je vais te dire : Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. »

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Portrait de George SAND. Certains pensent qu'elle inspira, voire qu'elle écrivit plusieurs des répliques des oeuvres de MUSSET.