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31/05/2008

L'étoffe des américains

Lorsqu’on parle du théâtre américain, la plupart d’entre nous pensons à Tennessee WILLIAMS : « La Chatte sur un Toit Brûlant », « La Ménagerie de Verre » (montée il y a quelques années avec une Romane Bohringer très émouvante), « Un Tramway nommé Désir » (non, ce n’est pas une pièce niçoise !), tout ces chefs d’œuvres et bien d’autres ont contribué à la renommée mondiale de ce grand auteur contemporain.
Mais il n’est pourtant pas le seul à porter haut la culture théâtrale américaine. Parmi les autres dramaturges d’outre-Atlantique, je voudrais citer ici Sam SHEPARD. Ce nom n’est pas inconnu, on l’a tous entendu prononcer quelque part... Si je vous dis « l’Etoffe des Héros » ? Oui, c’est lui qui incarne le pilote d’avion qui franchit le mur du son.

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Ainsi, cet artiste peut être acteur, metteur en scène ou auteur. Les œuvres qu'il écrit mettent très souvent en scène des personnages abîmés par la vie, avec un passé lourd à porter, dans des situations explosives.

Une de ses pièces est actuellement à l’affiche au Théâtre de l’Alphabet (en lien colonne de gauche). Henri LEGENDRE, son directeur, l’avait déjà monté il y a une bonne dizaine d’années. Il récidive ce week-end, nous permettant de découvrir ce grand auteur plus connu pour ses apparitions au cinéma.
« Fool For Love » est une des pièces majeures du dramaturge. Elle met en scène un homme moitié cow-boy moitié aventurier, EDDY, et une femme, MAY, dotée d’une trempe suffisante pour se frotter à lui. Il y a également le Père, qui n’existe que dans leurs souvenirs, ainsi qu’un brave bougre qui aurait mieux fait de rester chez lui. Leur passé va remonter à la surface et provoquer des secousses.
En 1985, Robert ALTMAN en avait fait une adaptation au cinéma, avec Kim BASSINGER et Sam SHEPARD himself. Un très bon film, mais qui n’a eu qu’un succès d’estime.
Les comédiens du Théâtre de l'Alphabet qui reprennent aujourd'hui cette pièce tirent tous très bien leur épingle du jeu. Dans les premiers instants, on pense que tout va trop vite, que le débit de parole est trop précipité. Mais au fur et à mesure que le drame s'installe, le temps se dilate, les personnages ralentissent, ont dirait presque qu'il vont s'arrêter tout à fait. Un signe qui ne trompe pas : j'étais persuadé que la durée n'excédait pas une heure alors qu'en réalité les comédiens ont joué pendant 1h20 ! Quelques petis tics de jeu qui reviennent parfois (c'est à dire lorsque un comédien sait qu'il réussit particulièrement bien telle ou telle chose et se rassure lui-même en le reproduisant trop souvent ; ou bien lorsqu'il a besoin pour jouer une situation ou un état de le faire toujours de la même manière : pencher le buste vers l'avant pour crier sa rage, par exemple...) mais rien qui ai pu gacher ce très bon spectacle.

Une mention spéciale pour Sylvain BERARDI qui a la tâche difficile d'incarner un personnage pâlot et sans aucun relief. Difficile en effet d'exister sur scène avec pareil  handicap. Les Scapin, les François Pignon, les Cyrano, tous ces personnages hauts en couleur ont déjà leur propre épaisseur. Mais les jeunes premiers ? Mais les personnages ternes et transparents ? Comment les jouer ? Comme le rappelait Michel BOUQUET, les metteurs en scène font souvent appel, lorsqu'ils le peuvent, à des comédiens ayant déjà une longue carrière derrière eux, même si leur âge n'est plus en rapport avec le rôle. Ainsi, ils espèrent que leur longue expérience du métier leur permettra de donner de la profondeur avec presque rien. Sylvain BERARDI n'a pas, à ma connaissance, l'âge mûr d'un comédien chevroné et pourtant, il a assumé avec justesse et simplicité ce rôle pas si secondaire que ça.

FOOL FOR LOVE de Sam SHEPARD
Avec : Claire JAPHET, Guillaume GALLO, Sylvain BERARDI et Daniel MICALLEF

Samedi 31mai à 21h00 et dimanche 1er juin à 15h00
Théâtre de l’Alphabet
10, bd Carabacel
04 93 13 08 88

Tarif : 15 €uros

26/05/2008

L’affaire est dans le sac

Le spectacle que je souhaite annoncer ici est destiné à aider l’association LA CLASSE, qui parraine activement, en partenariat avec le Secours Populaire Français, deux villages du Sénégal, en fournissant entre autre du matériel scolaire.
Lorsqu’une compagnie décide de se produire afin de récolter des fonds pour un projet caritatif, cela ne veut pas dire qu’il s’agit de spectacles au rabais. Cela signifie simplement que les manifestations culturelles peuvent être le résultat de causes très diverses.

« L’affaire est dans le sac » sera présentée par la Comédie des Baous, compagnie qui a déjà produit plusieurs spectacles, tous au profit d’un organisme d’aide (Secours Populaire Français, Point Jeunes et bien d’autres…) et qui "tourne" depuis une dizaine d’années dans les communes du département.

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C’est une pièce tout public, comique et contemporaine (je précise que le qualificatif « tout public » est un label fourre-tout très commode pour désigner les spectacles qui ne rentrent pas dans les autres catégories : tragédies, farces, classiques, du répertoire, étrangères, théâtre-danse, pour enfants etc.)

Mise en scène : B. RAQUILLAT
Distribution : Muriel CHRISTOPHE, Albert LAUGIER, Catherine PAGE, J. Philippe PERRET, Rémy RICCHIARDI, Bruno SALMON et Barbara SCHLIENGER.
Mariage, deuil, naissance, divorce dans la même journée... c’est peut-être un peu trop pour un mari qui ce jour là aspire au bonheur. Tout se déroule sur un rythme fou ! Venez passer un vrai moment de détente et de rire avec ces personnages qui vous emmèneront dans leur délire.

C’est la commune de CARROS qui accueillera la troupe, à la salle Juliette GRÉCO, le samedi 31 mai à 20h15.
La mairie de Carros présente les lieux en ces termes :
« Inaugurée en 2003 par la chanteuse elle-même, la salle Juliette Gréco est un espace culturel dédié au Spectacle Vivant et géré par la communauté de communes Les Coteaux d'Azur. D'une capacité de 271 places, elle accueille chant, danse, théâtre et spectacles en tout genre. Elle se mue également en salle de cinéma pour les projections du dimanche. [Elle est placée] principalement sous l’égide du forum Jacques Prévert, programmateur et partenaire de la communauté de communes. Sous certaines conditions, la salle est mise à disposition des associations culturelles du territoire les mois de mai et juin. »

Salle Juliette Gréco
5 bis, boulevard de la Colle Belle (près du Leader-Price)
06510 CARROS-le-NEUF
Contacts : sjgreco@cc-coteauxdazur.fr
Tél : 04 97 02 82 35
L’organisateur nous dit que le parking est assuré (parking du Leader-Price ?)

Tarifs :
Adultes = 10 €uros – Enfants = 5 €uros
(Paiement par chèque pour les personnes qui souhaitent recevoir un reçu fiscal.)

Les réservations peuvent se faire auprès du président de LA CLASSE :
M. PASSERON – 04 93 26 51 14

Est-ce que pour le public l’affaire sera dans le sac ? Je ne peux l’affirmer, n’ayant pas vu la pièce. Ce que je peux dire, c’est que ce samedi 31 mai, je serai au rendez-vous. J’en profiterai pour essayer d’en savoir plus sur ce qui motive cette compagnie et sur sa formation. Affaire à suivre donc.

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Et puis n’oubliez pas, du jeudi 29 mai au dimanche 1er juin, se déroulera la 7è édition du festival « Théâtre aux Arènes », aux Arènes de Cimiez, à Nice. L’entrée est libre. Les deux années précédentes, j’avais pu assister à un spectacle intéressant (cliquez ICI puis LA pour relire les articles).

 

Programme de l’édition 2008 :

29 MAI
21h30 : « le temps des couleurs », par la Cie Incontro.
Les temps des couleurs est un spectacle où mime, théâtre et danse s’entremêlent, se frottent, se touchent, s’opposent, se nouent et se révèlent… un voyage ironique qui transforme le quotidien en absurde, exalte le comique de situation et valorise la beauté.

30 MAI
20H : « Mais n’te promène donc pas toute nue » de Georges Feydeau, par le Théâtre du Fou.
Le député Ventroux reproche à sa femme Clarisse de se promener trop souvent en tenue légère. Mais la naïveté de Clarisse est telle qu’elle se présentera dans cette tenue devant le Maire du village, adversaire politique de son mari mais aussi devant un journaliste du Figaro. L’étalage de ses charmes mènera son mari au bord de la ruine d’une carrière politique pourtant bien amorcée.

21h30 : « Adieu Boulevard », par la Cie Miranda
C’est l’histoire du théâtre du 19ème siècle, Les pantomimes du temps de Pierrot. Le vaudeville, son rythme endiablé et ses chansons, l’orgue de Barbarie et le French Cancan. Entre tradition et modernité, Vous découvrirez une comédie tendre et poétique aux rebondissements incessants.

31 MAI
20H : « Elle réchauffe la planète », Elisabeth Piron seule en scène.
Après " les femmes du président " la voilà de retour sur les planches dans un nouveau one woman show écrit (sur du papier recyclé !) par Pierre Ballay et mis en scène (après tri sélectif !) par Olivier Debos. Toute une série de personnages drôles et émouvants nous sont présentés dans ce spectacle 100 % écolo.

21h30 : « Du rififi à la morgue », par la Cie Arc en ciel Slave.
Une morgue déserte, un médecin légiste rondouillard et alcoolique, sa sœur inspecteur de Police stagiaire, un cadavre embarrassant, des coups de feu, des fous rires… et une avalanche de gags !

1ER JUIN
20h : « Georges et Alfred ! », par la Troupe du Rhum et la Cie de la Feuille d’Or.
Cette pièce nous transporte au cœur de la dernière nuit d’amour de deux amants légendaires : Alfred de Musset et Georges Sand. Ce spectacle nous offre une évocation vertigineuse de l’amour impossible entre ces deux romantiques faisant un théâtre de leur relation tumultueuse.

21h30 : « l’histoire du tigre », par la Cie Viva la commedia.
Pendant la Longue Marche, dans l’Himalaya, un soldat chinois est blessé à mort. Ses camarades lui proposent alors d’abréger ses souffrances, mais il refuse, préfèrant résister. Il se réfugie alors dans une caverne où il se retrouve face à une tigresse et son tigrichon... Seul en scène, Dario Fo dénonce ici les injustices et la dogmatisation. Mais sa révolte se fait sans crier, dans un grand éclat de rire.

J’espère pouvoir assister à la représentation de « Georges et Alfred ! », car je connais la qualité du travail de la Troupe du Rhum (les programmes mentionnent « la Troupe du Rhume », pouf ! pouf !)

22/05/2008

R. S. C. ou la tentation

Une de mes amies m’a raconté un soir que, ayant vécu Outre-Manche, elle avait eu le privilège d’assister à une représentation de Macbeth, de William SHAKESPEARE, par la Royal Shakespeare Company. Instantanément, je me suis senti comme happé dans un rêve. Presque jaloux.

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La Royal Shakespeare Company, de même que la Comédie Française, est une institution qui fait rêver. Eh oui, « institution ». Interrogé au téléphone pour France-Inter, Jacques WEBER rappelait que le théâtre doit rester un lieu d’insolence avant tout. « Insolence » étant compris dans le sens de faire débat, faire parler, provoquer la réflexion — rejoignant ainsi mon idée que le théâtre est le lieu de la grande cérémonie du dialogue collectif et de l’échange. Or le mot institution peut faire penser, à juste titre, que l’insolence est domestiquée, muselée, et que la grande cérémonie deviendra impossible. Les artistes de tous bords critiquent tôt ou tard un de ces grands vaisseaux ; et cet académisme qu’ils dénoncent comme un carcan, une vieillerie poussiéreuse voire un ennemi.

Et pourtant, paradoxe supplémentaire, c’est le rêve de chacun d’entre nous de pénétrer un jour dans ces murs vénérables. (Moi-même, à une échelle bien plus modeste, j’ai autrefois accepté de jouer dans une comédie ennuyeuse et mal écrite, avec un metteur en scène incompétent et sans imagination, un rôle qui ne me plaisait pas nécessitant six mois de répétitions inutiles, le tout gratuitement, tout cela rien que pour pouvoir me dire que j’avais joué au palais Acropolis de Nice devant 750 personnes ! Recommencerais-je aujourd’hui ? C’est fort possible…)

La Royal Shakespeare Company, ce soir-là, n’a pas raté son rendez-vous avec le public. Public anglophone, cela va de soi. C’était, à en croire mon amie, extraordinaire.

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Lorsqu’une telle œuvre doit traverser le Channel, de deux choses l’une : on la joue dans la langue de Shakespeare, justement, ou bien on la traduit. Dans les deux cas, est-ce que l’on y perd en qualité ? Il en est plusieurs pour m’affirmer que non ; que, si les comédiens sont talentueux, on peut parfaitement entendre un spectacle de deux heures sans savoir parler anglais ou qu’une bonne traduction, servie par ces mêmes comédiens talentueux, fera voyager tout autant. Je reste très sceptique.

Depuis quelques temps, je réalise que les sons peuvent influencer, sinon inspirer, le jeu de l’acteur. Aucun mot de la langue n’est réellement dû au hasard. Or, dans le cas d’une traduction, aussi bonne soit-elle, je me dis que ces sons originels ne peuvent être restitués. D’autre part (l’ai-je déjà dit ici ?) je pense que la culture est l’âme d’un peuple, la langue est l’âme de la culture et l’accent est l’âme de la langue. Rien n’étant anodin, tout ne peut pas être transposé dans une traduction.

110232661.jpg« Eh bien, tu n’as qu’à choisir d’écouter la version originale » me répondrez-vous ! Là encore, c’est embêtant car, ne parlant pratiquement que le français, beaucoup d’informations vont m’échapper, malgré la musique des mots et des intonations. Une pièce de théâtre est un "matériau composite". On peut difficilement se passer d’une de ses composantes, et les informations données par le texte en font partie.

Attention, j’ai dit que je restais sceptique, mais pas fermé. Si un jour, une troupe telle que la Royal Shakespeare Company passe par ici, je crois que je succomberais à la tentation.

15/05/2008

Y a pas d’Mai

 

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Festins des Cougourdons, Festival du Jazz… Les jardins de Cimiez servent de lieu à beaucoup de manifestations. Celle de la Fête des Mai est-elle "typiquement" Niçoise ? Pourtant, l’origine en est éloignée, dans le temps comme dans l’espace :

à l’époque où on honorait Cybèle, la Déesse de la Terre, on allait abattre un pin qui représentait le Dieu Attis, endormi pendant les longues nuits d’hiver et réveillé par la Déesse au printemps, pour fêter le renouveau de la nature. Cybèle était honorée dans l'ensemble du monde antique. Elle est connue en Grèce dès le Ve siècle avant JC.

La légende phrygienne rapporte que Cybèle enfant fut abandonnée sur une montagne et élevée par des lions ou des léopards. Elle créa des danses et ses serviteurs, les Corybantes, célébrèrent ses rites. Disposant du don de guérison universel, Cybèle protégeait les enfants et les animaux sauvages. La déesse tombera amoureuse d'Attis qui finira par la tromper. Cybèle le rendra fou au point qu'Attis s'émasculera.

Mais ce n’est qu’une des variantes et traditions visant à expliquer notamment que les prêtres de Cybèle, les Galles, sont des eunuques. (Ils pratiquaient des rituels d'autocastration, parfois avec de simples pierres tranchantes !) Une autre affirme qu’Attis sera transformé en pin et que cet arbre lui sera consacré. Attis n'apparaît que rarement en Grèce, davantage à Rome sous l'empereur Claude et constitua l'un des plus importants cultes à mystères de l'Empire Romain. Cybèle sera identifiée par les Grecs à Rhéa, l'épouse de Cronos. On la nomme aussi Ops, Vesta, Tellus, la Bonne Déesse…

Toutes ces légendes, ces fêtes ont ensuite évolué différemment au long des siècles et selon les pays. Dans certaines parties d’Europe, le retour du printemps est encore célébré par un pin dressé sur une place. Avec la fête des Mai, le pin a été remplacé par un mât. Autrefois garnis de victuailles ou de friandises, destinés selon l’époque aux pauvres ou aux enfants, ce mât est aujourd’hui garni de fleurs. C’est donc une fête universelle accommodée à la sauce locale.

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Mais le but de ce propos n’est pas de faire un cours magistral sur l’histoire des coutumes locale, j’en serai fort peu capable. Je me demandais plutôt, en voyant ces jeunes gens costumé faire la farandole autour du mât, si cela aussi était du Spectacle Vivant. On va dire que je m’ennuie au point de poser des questions là où il n’y a pas lieu d’en poser, et pourtant.

Bien sûr, ces filles et ces gars ont donné de leur temps et de leur énergie, bien sûr qu’ils l’ont fait par plaisir ; certains ont sûrement dû travailler beaucoup pour obtenir des costumes convenables, des danses entraînantes ; bref, une fête des Mai réussie. Et pourtant. Je préfère qualifier cette manifestation de « Patrimoine Vivant ». En effet, même si les protagonistes sont bel et bien vivants, il me semble qu’il ne peut pas y avoir vraiment d’acte de création. Car enfin, dans cette paire de mots « Spectacle Vivant », il me semble que Vivant désigne autant les artistes que leurs œuvres. Or, la fête des Mai offre des Spectacles qui abritent une tradition culturelle. On fait la fête aujourd’hui avec le patrimoine d’hier. Ce n’est ni meilleur ni pire, c’est différent.

Et lorsqu’il arrive de faire appel à une compagnie professionnelle pour animer ce genre de manifestation, on donne bien un cachet à des Intermittents du Spectacles, mais ce label regroupe un ensemble de métiers très différents, et n’est donc pas le gage que l’on a affaire à du Spectacle Vivant.

12/05/2008

La réplique de la Réplique

J’ai déjà évoqué le collectif de La Réplique le mois dernier (cliquez ICI pour lire l’article).
Demain mardi, vous aurez l’occasion d’en savoir plus en parlant directement avec les protagonistes de cette (belle) aventure.

« L’apéro de la Réplique Nice » aura lieu le mardi 13 mai à 19h à l’Espace Magnan, 31 rue Louis de Coppet à NICE.

 

Interviendront au cours de cette rencontre :

- Des représentants de La Réplique pour présenter les dernières nouvelles du collectif et faire un bilan des activités effectuées sur Nice ;

- Joël BAYEN-SAUNERES parlera de la relance de la programmation Spectacle Vivant à l'Espace Magnan et des projets 2008/2009 en cette matière ;

Puis à partir de 21h :

- Lectures de textes de l'atelier écriture par des participants à l'atelier lecture («Journées du Passeur» de La Réplique effectuées par Michel BENIZRI et Michel BELLIER à l’espace Magnan en avril dernier) ;

- Projection du film « 11.43 » de Thierry AGUILA, réalisé en octobre 2007 à Marseille dans le cadre des Ateliers Courts de La Réplique.
J’ai eu l’occasion de voir ce film lors du 8è « Un Festival c’est trop Court » organisé par Héliotrope. Je pense que beaucoup prendront plaisir à regarder ce polar d’une durée d’environs ¼ d’heure.

Site : www.lareplique.com

ESPACE MAGNAN - 04 93 86 28 75

09/05/2008

Haut et Fort

À l'invitation de la médiathèque de Cap d'Ail, la compagnie B.A.L animera un stage de lecture à voix haute le samedi 31 mai, de 9h à 17h à la Médiathèque de Saint-Jean-Cap-Ferrat.

Renseignements et inscription :
Médiathèque Cap d’Ail - 04 93 41 99 61
Médiathèque Saint-Jean-Cap-Ferrat - 04 93 76 44 50
e-mail capdail.mediatheque@wanadoo.fr
 

« La Médiathèque Intercommunale du SIVOM de Villefranche-sur-Mer organise avec la Compagnie B.A.L un nouveau stage de lecture à voix haute. Depuis deux ans la médiathèque offre à son public (à partir de 14 ans), l’occasion de découvrir le plaisir de la lecture sonore, en montrant qu'écouter un texte est une autre manière de lire et de découvrir des livres, et que lire à haute voix peut aussi donner envie de lire silencieusement !
Avec la complicité de comédiens passionnés, ces journées intenses et joyeuses permettent à chacun de partager les auteurs classiques et contemporains, en mettant en valeur la dimension émotionnelle d’une œuvre. Afin de clôturer en beauté cette formation, la médiathèque offre aux stagiaires la possibilité de rejoindre le club très select des "Lecteurs en l’ère" qui se produisent une fois l’an, sur le pont des bateaux à quai, lors du festival "Courants d’ère" à Saint-Jean-Cap-Ferrat les 14 et 15 juin 2008. »

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Le festival Festha - Région P.A.C.A. a débuté hier
et se prolongera jusqu’à dimanche 11 mai à L'Espace Magnan de Nice.
Pour ce festival de théâtre amateur, 24è édition, 9 compagnies ont été sélectionnées parmi les 26 inscrites et seront en compétition. Les spectacles sont donnés en public et devant un jury de professionnels pendant ces 4 jours dans la salle Jean Vigo. L'une d'entre elles sera désignée pour participer à la sélection nationale Festhea à Joué-Les-Tours (37) pendant les vacances scolaires de la Toussaint 2008.

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Le Festival de Théâtre Festhea existe depuis 23 ans et permet à toutes compagnies de théâtre amateur de France de présenter un spectacle au plan national, après des sélections qui ont lieu dans les différentes régions administratives. Ce festival national se déroule chaque année pendant toute la semaine des vacances de la Toussaint (fin octobre - début novembre) à Joué-les-Tours (Agglomération de Tours - Indre et Loire) à L'Espace Malraux, en public et devant un jury de professionnels des Arts Vivants et où de nombreuses récompenses sont attribuées aux meilleurs spectacles retenus.
Chaque année, l'association "THEATRE DE L'AVENTURE" organise des présélections (après inscription des compagnies de la région) puis la sélection définitive qui se déroule à Nice chaque année à l'Espace Magnan (fin Avril ou début Mai).

Compagnies sélectionnées :

ALPES-DE-HAUTE-PROVENCE (04)
Cie ANTRIOS (Vachères) avec "C'ÉTAIT MIEUX AVANT" d’Emmanuel DARLEY

ALPES-MARITIMES (06)
Cie SAKOUNTALA (Grasse) avec "DANS LA PEAU D'ÉLISA" de Carole FRÉCHETTE
Cie TARTARUGA (Cannes) avec "MANUEL DU SAVOIR-VIVRE A L'USAGE DES RUSTRES ET DES MALPOLIS" de Pierre DESPROGES

Compagnies des BOUCHES-DU-RHONE (13)
Cie TRAIT D'UNION (La Bouilladisse) avec "AY ! CARMELA" de José Sanchis SINISTERRA
Cie TROUPE DU SONGE (Aubagne) avec "LE GOUTER DES GÉNÉRAUX" de Boris VIAN

Compagnies du VAR (83)
Cie LE GRAIN DE SEL (Six-Fours) avec "LA LÉGENDE DU CERCLE DE CRAIE" de Bertold BRECHT
Cie LA CORDEE (Fayence) avec "LE NUMERO D'ÉQUILIBRE" d’Edward BOND
Cie AD LIBITUM (Toulon) avec "CHACUN SA VÉRITE" de Luigi PIRANDELLO

Compagnie du VAUCLUSE (84)
Cie "LA NACELLE EN LUBÉRON" (Pertuis) avec "CONTENTION" de D.G. GALIBY et "LA DISPUTE" de MARIVAUX

01/05/2008

L’Amoureuse

C’est le titre d’un spectacle écrit et mis en scène par Luce COLMANT et interprété par Marie TEISSIER. Avant, je citais volontiers Dario FO, disant qu’une pièce de théâtre géniale lors de la lecture n’est jamais extraordinaire une fois montée sur scène. Mais, ce vendredi soir à la Semeuse (dans le Vieux-Nice), en assistant à la première de cette « Amoureuse », j’ai dû reconnaître que le texte était aussi beau à la lecture que mis en scène.
Je ne savais pas que Luce COLMANT écrivait. À la fin de la représentation, elle m’a confié que c’était la troisième fois qu’elle s’essayait à ce genre d’exercice et que son premier texte était un spectacle pour enfant.

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Un jour, en discutant avec Frédéric REY, responsable du théâtre de la Semeuse (ainsi que du Centre Culturel la Providence), Luce évoquait le désir d’y monter un spectacle. Il lui répondit qu’il restait quelques dates encore disponibles. Elle accepta aussitôt et travailla pour achever son texte avant la date butoir. Puis des répétitions, du travail, des doutes et des joies. Un dernier filage (on joue la pièce sans interruption) et voilà la compagnie ’TAIM qui débarque à Nice pour la première de leur spectacle.
C’est une première très solide, et même si Luce COLMANT pense que la pièce va encore mûrir, on voit bien qu’il y a déjà un travail de pro (dans le bon sens du terme : il n’y a pas de vieille recette, rien de téléphoné qui puisse ronronner, mais rien non plus qui soit laissé au hasard).

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Luce connaissait Marie TEISSIER depuis longtemps lorsque celle-ci a rejoint la capitale un peu avant elle. Pour ce projet, elles ont travaillé quinze jours non-stop, huit heures par jours, plus quelques journées par-ci par-là, ce qui n’est pas si énorme pour une compagnie professionnelle. Ainsi, cette impression de spectacle abouti est également due à leurs expériences passées, à leur "épaisseur", bagage qui représente lui aussi beaucoup de travail.
La metteur en scène étant aussi l’écrivain, elle m’a confié que ce n’est qu’au moment de porter à la scène son texte, en le triturant, qu’elle a pleinement réalisé certaines choses qu’elle avait dites inconsciemment. «C’est carrément schizophrénique» a-t-elle conclu en souriant.

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Le résultat de cette aventure, c’est un spectacle qui parle de l’amour, du désir, de la passion qu’une femme a éprouvée, et qu’elle aurait «tué» (mais y a-t-elle réussi vraiment ?) Cela prend la forme d’un monologue, véritable logorrhée servie par Marie TEISSIER qui, malgré cela, ne lasse pas une seconde. Ce torrent de parole qu’elle déverse sur son lit (unique élément du décor qui sert aussi d’accessoire, efficace !) on ne veut pas en perdre une goutte. Alternant discours narratif avec quelques paroles chantées, adoptant une gestuelle tantôt classique tantôt proche de l’expression corporelle, le personnage passe par des états de franche gaîté, de doute ou de rage, et tout simplement revit sa passion amoureuse.

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Ce texte ne s’adresse pourtant pas qu’aux femmes. J’ai assisté à ce spectacle avec mon amie : nous étions blottis l’un contre l’autre et à chaque phrase qui faisait mouche, nous avions le sentiment que c’était nous qui nous parlions. Qu’il se disait des choses que l’on se contentait de sentir. Que notre histoire était étalée là, sur ces draps, sous cette lumière, par cette « Amoureuse ».
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Espérons que cette pièce crée à Nice fasse un retour triomphal sur Paris.
Espérons que la Cie ‘TAIM revienne bientôt dans les Alpes-Maritimes nous offrir d’autres créations.