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17/12/2009

confidences

Un petit jeu qui tourne en ce moment chez les blogueurs que je fréquente, et notamment chez mon ami Christian : il s’agit simplement d’énoncer sept confidences, dont une seule sera fausse. Charge aux lecteurs de deviner parmi les sept laquelle a été inventée.
Je me rajoute une contrainte supplémentaire : les sept confidences se rapportent au monde du spectacle. C’est parti, musique maestro…

 .

  • Je me suis produit à l’étranger ;
  • J’ai dansé entièrement nu sur scène ;
  • J’ai été applaudit par Jacques WEBER ;
  • J’ai joué à Acropolis ;
  • Julien BERTHEAU m’a personnellement écrit une lettre dans laquelle il m’encourageait à persévérer dans le théâtre ;
  • J’ai embrassé un garçon ;
  • J’ai appris un rôle très long en quatre jours.

J’aurais pu en rajouter une 8ème : « J’ai interviewé Jean FRANVAL », mais les premiers lecteurs de ce blog se rappellent peut-être avoir lu l’article le concernant…

15/12/2009

Qui es-tu Antigone ?

J’avais mis de côté un article paru dans le Nice-Matin du 06 novembre, et qui annonçait une reprise de la pièce de SOPHOCLE, Antigone. Cette annonce n’est donc plus d’actualité, mais je tenais à en dire quelques mots.
En effet, le titre indiquait : « Immortelle et moderne Antigone » complété par un sous-titre mentionnant « … dans une version qui ose la musicalité rock ». Ce genre d’accroche clinquante me semble néfaste à long terme. En effet, il n’est pas rare de rencontrer un metteur en scène ou bien un critique de théâtre indiquer que tel auteur ou telle pièce sont « modernes ». Je préfèrerais « universels ».
Illustre-Antigone-01.jpgCar, en disant que SOPHOCLE a écrit une pièce moderne, j’ai le sentiment qu’on est hors sujet. SOPHOCLE n’a pas écrit une pièce moderne, il a — entre autre — décrit des comportements et des états d’esprits qui existaient à son époque et qui existent encore aujourd’hui : le despotisme, la rébellion, la peine… Et je suis un peu las de voir que chaque classique est estampillé « moderne » ou « d’actualité » et passe à la casserole de cette fausse bonne idée, de cette trouvaille usée jusqu’à la corde qui consiste à faire évoluer les comédiens dans un univers contemporain, voire post-apocalyptique juste pour dire au public : « Vous avez vu, hein ? MOLIERE, il était vachement en avance sur son temps ; et moi, je suis un metteur en scène drôlement gonflé d’oser mettre de la musique rock sur Antigone. »
Pourquoi pas, à la condition que l’univers suggéré aux spectateurs serve le propos de l’auteur, et non pas la modernité des propos de l’auteur.
Antigone n’est pas SEULEMENT contemporaine, elle est partout, elle est toujours, comme tous les grands personnages. Elle est immortelle, ça oui, car tant qu’un être humain sera capable de lire le texte de SOPHOCLE, tant qu’on tournera les pages pour dérouler l’histoire de cette jeune fille qui affronte plus fort qu’elle, elle sera vivante, longtemps après notre mort.
Attention, je ne dis pas que ce spectacle était mauvais, je n’ai même pas pu aller le voir ! Il semble qu’il s’agissait d’un travail très abouti fait par des professionnels aguerris. Et si un metteur en scène pense sincèrement qu’un décor antique n’est pas ce dont il a besoin pour servir son projet, qu’il enlève ce décor, les toges et les flambeaux. Que les comédiens aillent vêtus de jeans ou d’une redingote. Mais comme beaucoup ont déjà eu ce parti pris, et qu’ils nous ont expliqué que c’était pour montrer que le texte écrit autrefois était très moderne, je crains que l’on ne finisse par croire qu’un décor antique implique une pièce dépassée, ringarde ou sans invention.


Antigone, tu n’es pas moderne, tu es plus que cela : tu es un personnage dramatique.

09/12/2009

Lecture

40 ans du TNN-02.jpgJ’ai été invité ce mardi 08 décembre à fêter les 40 ans du TNN en assistant à une lecture, dans la grande salle "Pierre Brasseur".
Daniel BENOIN et quelques-uns des comédiens permanents du Théâtre National de Nice ont ainsi lu, entre autres extraits, des passages de « la Promesse de l’aube », de Romain GARY ; « la Douceur de la vie » de Jules ROMAIN ; « le Père adopté » de Didier VAN CAUWELAERT ainsi que « Ballaciner » de J.M.G. Le CLÉZIO.

 

 

La lecture est un exercice périlleux pour plusieurs raisons :
En décidant de lire plutôt que de jouer, on se prive délibérément d’une grande partie de ses moyens d’expression et donc de création.
Pour éviter l’ennui qui guette le public à chaque ligne, il faut choisir des passages le plus courts possible, ce qui n’était pas le cas ce soir-là.
Attention enfin aux accrocs lors de la lecture elle-même, aux accidents de parcours et autre diction approximative. En effet, on choisit souvent de faire une lecture pour des événements qui ne seront pas reconduits : il est convenu qu’on ne répètera pas autant que pour une pièce jouée de nombreuses fois et que l’on compte sur le comédien pour compenser le peu de moyens alloués à ce travail.
Enfin, fallait-il garder la disposition classique d’une salle de théâtre : les artistes sur scène et le public au parterre ? Pour cette lecture qui m’a semblé un peu longue — malgré la qualité des auteurs convoqués — je pense qu’il aurait fallu demander aux comédiens de venir parmi le public, ou en tout cas le plus près possible, et adapter le dispositif scénique à cette formule.

Car il y avait un dispositif scénique. Simple, bien conçu, c’était un peu le fil rouge de cette lecture : les artistes qui ne lisaient pas attendaient assis, dos au public, sur des chaises faisant face à un immense écran, sur lequel étaient projetées des prises de vues de la villes de Nice (une sorte de promenade filmée façon Super-8 d’autrefois).
Quelques très bonnes prestations, des passages plutôt drôles et enfin un accompagnement musical de l’excellent Clément ALTHAUS ont permis à ces deux heures de ne pas paraître trop longues. Je dois même avouer que j’ai applaudi sans me forcer au moment des saluts.

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Pourtant, je persiste à dire qu’une lecture doit se travailler un minimum, que le comédien qui s’y aventure doit avoir une vigilance de tous les instants, déployer une énergie colossale, avoir un débit de parole légèrement ralenti et malgré tout faire court autant que possible.
Bien sûr, il faut tempérer ces observations en se rappelant que le public qui assiste à ces lectures est un peu plus détendu que d’habitude. Un peu comme si chacun venait à un rendez-vous d’habitués.

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04/12/2009

Don Bosco

Illustre-Don bosco-01.jpgJ’ai récemment rencontré une enseignante du lycée Don Bosco, qui s’occupe également de l’option « Théâtre ».
Elle a accepté de répondre à quelques questions (assez brièvement, car il s'agit d'une correspondance électronique !)


Comment est né le projet ?
Quand je suis arrivée l’option était déjà créée mais j’avais la volonté de m’ouvrir à un nouveau domaine.

Quel(le)s sont vos collaborateurs dans ce travail ?
Un intervenant du Théâtre National de Nice.

Quel cursus avez-vous suivi ?
Cursus très banal, fac de lettres : lettres modernes + Français Langue Étrangère + concours.

Quels sont les moyens financiers mais aussi matériels mis en œuvre ?
Une partie est prise en charge par le Rectorat et une autre par l’association Don Bosco, nous avons à notre disposition une « salle de théâtre ».

Quels sont les objectifs de départ — et sont-ils toujours les mêmes ?
Avoir le théâtre comme option et essayer d’avoir le maximum d’élèves pendant 3 ans. Bien évidemment, il a fallu s’adapter et certains élèves prennent l’option seulement la dernière année. Mon prédécesseur axait son travail sur les pièces classiques et je préfère le contemporain ce que j’ai donc mis en place.

Quel est le contenu de votre enseignement ?
Histoire du théâtre,
Lecture de pièces classiques et contemporaines avec travail sur les mises en scène,
Découvertes de spectacles vivants variés,
Réalisation d’un carnet de bord en vue du bac,
Réaliser un compte rendu de spectacle,
Jeux de rôle, d’improvisation…
Visites de théâtres,
Rencontres acteur, metteur en scène…


Quels élèves sont attirés par cette option " théâtre " ?
Les élèves qui ont toujours fait du théâtre, les élèves curieux, et les élèves à qui cela permettra d’obtenir des points en plus pour le bac.

Quelles sont les réactions des élèves, puis leur évolution ; sont-ils déçus, découragés ou au contraire enthousiasmés ?
Les réactions varient et évoluent chaque année, difficile de répondre mais au final c’est très positif !

Votre travail est-il évalué par le rectorat — et si oui comment ?
Travail évalué par l’inspectrice en assistant à un cours.

Merci Madame Sandra BICAIL pour vos réponses.
Pour avoir quelques infos supplémentaires, vous pouvez consulter le site du lycée, à la page « théâtre » en cliquant ICI. (choisissez ensuite [Lycée général et tech.] puis cliquez sur la "puce" bleue [Option Théâtre])

Le théâtre est une option que l’on rencontre fréquemment dans l’enseignement public. Il y a même des stages prévus pour certains professeurs afin qu’ils aient les compétences pour enseigner cette matière.
En effet, « enseigner le théâtre » est un vaste programme, difficile à appliquer. La plupart des élèves, jeunes, ont une culture minimale de cet art, voire pas de culture du tout. D’autres au contraire ont un savoir universitaire, appris dans les livres ; lire est une bonne chose, mais insuffisante en matière de Spectacle Vivant, car il faut surtout s’entraîner, pratiquer.
D’autre part, peut-on enseigner TOUT le théâtre ? Poser des bases est déjà un projet d’envergure. Et quelles bases ? Question difficile, tant l’art est affaire de parti pris.