20/03/2011
Catharsis
L’ai-je déjà dit ici ? Je ne crois pas comme Molière que « le devoir de la comédie étant de corriger les hommes en les divertissants …/… je n’avais rien de mieux à faire que d’attaquer par des peintures ridicules les vices de mon siècle… » (début du premier placet présenté au roi sur la comédie de Tartuffe).
Je n’ai jamais vu de pingre qui, après une représentation de l’Avare, soit devenu prodigue, généreux et désintéressé. L’Avare n’a jamais rendu personne moins avare.

Et pourtant, en effet, le théâtre est essentiel… pas à l’homme, mais à la société des hommes. Grande cérémonie de communication collective, qui a rempli des fonctions diverses et variées durant plus de 25 siècles, mais qui a toujours eu une utilité sociale.
Le rôle du théâtre est difficile à définir et impossible à quantifier. Ce qui va à l’encontre de notre culture du résultat. Le Spectacle Vivant coûte cher à la collectivité ? Alors il doit fournir des résultats immédiats et mesurables !
Mais nous ne pouvons pas installer à l’entrée des théâtres des appareils à mesurer l’avarice, pour vérifier que le public a bel et bien été transformé, purgé de ses vices, à la simple vue d’un classique du répertoire.
Le chemin que va parcourir l’œuvre est bien plus long, plus compliqué. Et ses effets, absolument bénéfiques, ne seront pas forcément ceux attendus.
Ainsi, vous les compagnies, vous les théâtres et tous les artistes, continuez à œuvrer, faites le à fond et vous ferez toujours bien, mais sans la vanité de croire que vous serez les médecins de l’humanité. Vous semez et vous récolterez un jour, ce n’est déjà pas si mal !
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17/03/2011
C’est pas facile, mais ça nous plait.
Je n’ai rien écrit après notre sixième répétition. La septième a été annulée. Ce n’est pas le métier de comédien qui nous fait vivre. Tous les quatre avons des plannings déjà remplis. Cela se ressent sur le rythme des répétitions.
Le théâtre Athéna attend que nous soyons prêts. Nous jouerons dès que nous serons prêts. Le théâtre qui nous accueille a ouvert récemment. Ils ont besoin de spectacles pour leur programmation. Ils ont des frais. Ils ont des responsabilités. Ils essayent de nouveaux créneaux horaires. Nous jouerons le mardi, à 19h00.
Cela va être difficile. C’est difficile pour tout le monde. Mais on le fait quand même. On ne peut pas s’en empêcher. On s’amuse bien pendant les répétitions. Savoir que je vais jouer ici me plait beaucoup.
Dans les Alpes-Maritimes, le nombre de théâtres a fortement augmenté ces vingt dernières années. Ce n’est pas surprenant, car ils se comptaient alors sur les doigts de la main. Le public, lui, ne s’est pas développé dans les mêmes proportions, loin de là.
Faire vivre un lieu, avoir sa propre salle, c’est un rêve commun à beaucoup d’artistes, mais c’est une tâche de plus en plus ardue.
On fonde un théâtre et on se dit « Je jouerai tout ce que je veux, je jouerai souvent, j’inviterai plein de compagnies ! » et on se retrouve la première année à ne remplir que des dossiers, à distribuer des tracs et faire de la pub sur le Net, à téléphoner, organiser, se ronger les ongles ; parfois même à se disputer…
Pas facile, pas facile, mais… quel beau rêve !
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14/03/2011
Elle ne m’a pas déçu.
L’Illustre Théâtre est un blog qui a lui aussi des artistes qu’il soutient régulièrement. C’est le cas pour Marie-Pierre FOESSEL ; et cela me fait plaisir de constater que, année après année, elle ne me déçoit jamais.
Bien sûr, bien sûr, on peut ne pas aimer le jazz, la pop ou la variété, mais on est obligé de reconnaître que cette chanteuse a une voix très travaillée, maîtrisée, capable de tout.
A cela s’ajoute la fantaisie, celle qui crée et qui ajoute le petit plus qui manque à la seule technique.

C’était la première de son spectacle Nina des Oursins vendredi soir, et je pense que je pourrai le recommander à chaque fois qu’il y aura des dates.
Seule en scène, s’accompagnant d’un piano qu’elle maîtrise bien ainsi que d’un « loops », ou plutôt de la machine qui sert à les produire (ce sont de brefs morceaux chantés ou joués, et qui sont répétés en boucles, pour accompagner l’artiste).
Elle alterne ainsi chansons de couleur pop et variété française, ascendant années-d’après-guerre, avec des compositions très modernes, le tout servi avec des textes réjouissants.
La seule remarque que je lui ai faite est une baisse dans le rythme du spectacle lui-même : elle est tout à fait d’accord pour le reconnaître et pense rajouter une ou deux chansons pour redynamiser l’ensemble.
Longue vie à Nina (et à ses Oursins ?)
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