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24/12/2006

Vœux

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Une crèche vivante en guise d’illustration, quoi de plus naturel pour vous souhaiter à tous de joyeuses fêtes de Noël !

Dès l’Antiquité et au Moyen-âge, le théâtre a pris sa source dans le sacré, avant de continuer sa course vers le profane.

Les santons de Provence, puis les crèches vivantes participent encore d’une tradition chrétienne, mais ne sont en aucun cas des offices religieux…

Je me souviens que, enfant, j’avais admiré une de ces manifestations culturelles, lors d’une messe de minuit. Les personnages étaient entrés dans l’église, âne compris. Ma mère avait passé la fin de la cérémonie coincée entre l’animal têtu et un pilier de l’allée centrale. Notre cher Christian n’était pas là à l’époque pour nous dire comment débloquer la situation…

J O Y E U X   N O Ë L ! ! !

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21/12/2006

Classique

medium_Illustre-Boris_Vian-01.jpg« Pourquoi une nouvelle version de Mademoiselle Julie de STRINDBERG, déjà adaptée à la fin du siècle dernier ? C’est que les traductions vieillissent généralement plus vite que les originaux dont elles dérivent ; or s’il est sans inconvénient qu’un original date, il est gênant qu’une adaptation soit démodée. C’est ce qui oblige à retraduire périodiquement SHAKESPEARE, pour la grande joie d’un tas de professeurs d’anglais. De même, on devrait bien penser, de temps en temps, à retraduire en français CORNEILLE et RACINE. Mais ne nous égarons pas. » Boris VIAN à propos de sa version de Mademoiselle Julie.

Question déjà ancienne donc, puisque formulée par Boris VIAN en 1952. Mais question récurrente. Et on le comprend : cinq actes en vers rimés par Pierre CORNEILLE, cela paraît, en première lecture, manquer de naturel. Mais en seconde lecture ? Aussi ! Ah bon. C’est qu’il faut du temps pour s’accoutumer. Et si c’était cela, la vraie difficulté ? Nous n’avons pas assez pris de temps pour lire et relire certains œuvres du passé.

Pièces de théâtre écrites par RACINE ou bien poèmes rédigés par VILLON, que faut-il en faire ? Les relire jusqu’à ce que la syntaxe et le vocabulaire désuets nous paraissent évidents ou bien en risquer une traduction ? Je dis bien « risquer » car, d’une manière générale, il est toujours difficile de traduire un auteur sans oblitérer la tonalité, le style original.

A titre personnel, je penche plutôt pour la solution de l’accoutumance aux langages anciens. C’est en révisant « les Femmes savantes » de MOLIÈRE que je me suis rendu compte que, non seulement les vers me revenaient facilement après quatre années, mais que certaines tournures me paraissaient évidentes, presque obligées !

medium_Illustre-Boris_Vian-02.jpgUn seul problème : parmi les gens de théâtre, il s’en trouve beaucoup pour dénoncer la trop grande part déjà faite aux classiques dans l’enseignement, au détriment des auteurs plus contemporains, et ils n’ont pas tort. De plus, il viendra un temps où la langue de MOLIÈRE, comme celle de SHAKESPEARE ou bien de DANTE, seront devenues complètement incompréhensibles aux non-initiés, comme aujourd’hui les poème en latins de VIRGILE.

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Mardi soir, je suis allé voir Christophe ALÉVÊQUE, dans un One-Man-Show d’une heure trois quart.  Il n’en fait pas trop, sa bonne voix lui permet de varier les effets mais aussi de chanter – ce qu’il fait à chaque fois en introduction de chacun des quatre ou cinq longs sketchs qui composent ce spectacle.

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La presse parle « d’humour décapant, qui appuis là où ça fait mal etc. » mais là, c’est un peu la même chose pour tout les humoristes actuels, rien de vraiment neuf. En bref, les sujets traités sont toujours les mêmes, mais ils le sont avec talent, et surtout, le public marche avec lui et rit de bon cœur.

18/12/2006

Dernières questions, et plus…

C’est la dernière partie de cette interview accordée par Emmanuelle LORRE.

Qu’est-ce que tu penses avoir accompli, et qu’imagines-tu devoir encore accomplir ?

Emmanuelle : Vaste sujet… En fait pour être honnête, je n’ai pas le sentiment d’avoir accompli grand-chose, tu vois. J’ai l’impression que tout est encore à accomplir. J’ai l’impression d’avoir fait des choses, bien sûr ; j’ai fait des pièces passionnantes avec des gens passionnants, des créations… Tu vois j’ai eu la chance de créer un texte d’HOROVITZ, qui en plus m’a écrit un monologue pour moi, c’est forcément intéressant ! Mais en même temps, je me dis qu’il y a plein de choses que je n’ai pas faites. J’ai envie d’apprendre plein de choses, j’ai envie de faire plein de choses ; j’ai accompli un parcours de formation, j’essaye en tout cas d’avoir une fidélité à moi-même…

D’où vient ce sentiment que tu as fait beaucoup de choses mais que tu n’as pas accompli quelque chose ? En tout cas il y a quelque chose à accomplir ?

Emmanuelle : Toujours ! Je crois…

Et c’est ? …

Emmanuelle : Je ne sais pas. Je ne sais pas. Pour moi, le théâtre, c’est ma foi. Voilà, tu vois je n’en ai qu’une et c’est celle-là. Donc jusqu’à mon dernier souffle il y aura des choses à accomplir, à perfectionner et à développer.

La question qui suit est tout à fait dans l’esprit de ce blog, à savoir que l’intérêt du Spectacle Vivant dépasse nos intérêts particuliers : Y a-t-il un spectacle dans lequel tu ne joues pas, ni toi ni quelqu’un d’autre de ta compagnie ni même parmi tes proches, et que tu souhaites malgré tout recommander aux lecteurs de ce blog ?

medium_Illustre-Emmanuelle_Lorre-06.jpgEmmanuelle : Récemment, j’ai vu au Festival de Falicon « Duo Dom Tom », une création de Jean-Paul ALLÈGRE, par une compagnie des Bouches-du-Rhône qui s’appelle « les Didascalies », et j’ai adoré.

Il me semble avoir vu l’annonce quelque part…

Emmanuelle : Oui, parce qu’ils sont passés au Centre Culturel de Cagnes-sur-Mer dimanche dernier. Moi j’ai adoré, c’est pétillant, c’est généreux, c’est sincère, je me suis régalée. Je n’ai pas regardé ma montre une demi-seconde, j’ai ri du début jusqu’à la fin, je me suis éclatée. A tel point que j’ai dit à Marie-Claire : « il nous les faut à Trimage ! ». C’est une comédie, c’est sur le théâtre, ils sont bien. C’est des mecs chouettes en plus, la nana qui fait la mise en scène c’est une fille bien, c’est des humains bien !

Des humains bien !

Emmanuelle : Voilà ! En plus !

Veux-tu rajouter quelque chose ?

Emmanuelle : Je veux dire que je trouve ça bien qu’il y ait ce genre de blog ; c’est pas du tout pour te passer la truelle avec une grande motte de beurre, non, non… du beurre avec une grande truelle. Je trouve ça bien parce que malheureusement on est un peu trop cloisonné souvent, chacun est un peu trop chez lui, dans ses trucs, ne vas pas voir forcément les spectacles… Bon, c’est vrai qu’on a pas toujours le temps, moi la première, puisqu’on joue en général aux même dates ; mais personne n’a envie de se serrer les coudes, ou alors c’est vraiment des groupuscules isolés qui se serrent les coudent… Donc je trouve ça bien qu’il y ait cette forme d’espace de communication et d’échange. Et je pense qu’il devrait y en avoir plus. En plus maintenant il n’y a plus « Nice-Scène » qui était un site comme ça où il y avait un forum sur le théâtre, où les compagnies pouvaient s’inscrire, etc. Ça créait quand même un lien. Il n’y a plus ! Donc à l’heure actuelle il est encore plus important qu’il y ait ce genre de blog. Et je pense qu’il faudrait qu’il y en ait d’autres.

Lourde responsabilité !

Emmanuelle : Mais n’est-ce pas…

[ 30 000 €uros payables en liquide pour ce genre de compliment, c’est le prix du marché…]

Pendant qu’Emmanuelle s’est installée devant son ordinateur pour me fournir les quelques photos que j’ai mises en ligne avec son interview, mon regard explore les étagères alentour. J’y découvre beaucoup de livres. Dans la bibliothèque d’Emmanuelle, il y a :

« Claudel – Théâtre » ; « la Légende des Siècles » ça, c’est plutôt un roman ça. « Montherlant » ! Et nous voyons aussi « Racine – Œuvres Complètes » ; « Racine » toujours ; « Shakespeare ». Je vois aussi « Théâtre Complet – Molière » et ensuite « Jean Anouilh – Pièces baroques, pièces costumées, pièces roses, pièces grinçantes » ; « Comédies et Proverbes – Musset », et oui… « La vie de Racine » ; « Le Diable Boiteux » de Sacha Guitry… Je ne l’ai pas lue celle-là… Et là on voit « Musset – Œuvres Complètes », c’est très bien j’adore Musset, j’en ai déjà parlé sur le blog [cliquez ICI pour (re)lire l’article]. « Feydeau – Théâtre complet »… et un des chats qui habitent là passe sur cette étagère, alors je change d’étagère… « Dictionnaire Encyclopédique du Théâtre » ; « Raimu », de Maurice Périsset ; « Arthur Miller – Théâtre » ; « Edwige Feuillère – les Feux de la Mémoire », une biographie je crois… « Jacques Charon – Moi un Comédien », j’ai déjà aperçu ce bouquin, je ne l’ai pas encore lu. « Sacha Guitry », j’ai le même à la maison ; l’incontournable « Stanislavski », qui ne l’a pas celui-là ! « Jean Vilar », il fallait s’y attendre… « Courteline » et « Feydeau » et plein d’autres.