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06/06/2006

Marius : coup de chaud dans le froid

Dans son dernier commentaire, notre cher Claudiogene nous fait un excellent résumé du spectacle de samedi soir : un Marius chaleureux dans une arène glacée par le vent.

En effet, malgré les températures anormalement basses pour ce début de juin, le public a voulu assister jusqu’à la fin à cette représentation donnée par la compagnie Jean Franval. (A l’exception de quelques distraits qui ont quitté la place faute de vêtement chaud.)

Comme je l’ai déjà dit ici, je redoutais le piège d’une mise en scène axée uniquement sur les « pagnolades » et autres clichés qui sentent bon la Provence et le déodorant à la lavande. Rien de tout ça heureusement, et nous avons eu droit à une version bien comprise de cette œuvre de Pagnol : on y rit souvent, mais on n’oublie jamais qu’il s’agit d’un drame triste à pleurer.

Ceux qui, comme moi, avaient vu le film un grand nombre de fois, ont compris que le texte n’est pas le même que celui de la pièce. De même que le découpage et l’articulation des scènes, car les exigences cinématographiques ne sont pas forcément les mêmes que celle du théâtre. D’où cette première impression que ce n’est pas du Pagnol que l’on nous sert. Mais très vite, les scènes les plus connues et leur cortège de répliques célèbres corrigent ce sentiment.

Nathalie Comtat campe une Fanny plutôt contemporaine, et c’est très bien ainsi car elle m’a semblé plus crédible (en tout cas d’avantage qu’ORANE DEMAZIS, qui est d’après moi la seule à mal jouer dans le film original) et attachante malgré un timbre de voix et une prosodie agréables mais assez particuliers. Le personnage de Panisse est parfaitement interprété. Celui de Marius a mis plus de temps à me convaincre, mais il y est parvenu, notamment dans la fameuse scène où il révèle à Fanny le secret de sa passion pour les mondes lointains. Enfin, JEAN FRANVAL nous offre ici un César toujours coléreux mais avec plus de finesse, de subtilité. Les autres personnages m’ont paru en revanche moins précis, manquant un peu d’épaisseur.

Fort heureusement, personne n’a voulu imiter l’un des illustres prédécesseurs. Et si le costume que portait M. Brun ressemble bien à celui porté à l’origine par ROBERT VATIER, chaque comédien a réellement construit son propre personnage. Le Marius de ce samedi soir, présenté dans le cadre du Festival Théâtre aux Arènes, était bien un spectacle différent, et non la énième copie conforme forcément moins bien que l’original.

 

JEAN FRANVAL a eu la gentillesse de m’accorder une interview, une demi-heure avant de monter sur scène. Je vais la mettre en ligne ici très prochainement. (Et oui, l’Illustre Théâtre aussi est capable de vous proposer ses exclusivités !)