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20.04.2006

Actrices (E.R.) : le théâtre dans le théâtre

Scénographie excellente, bonne mise en scène, spectacle déjà mature, il n’y avait ce soir là que quelques rares scories à peine visibles pour mériter un véritable reproche. (le seul que je retiendrai, c’est le timbre et le débit insuffisamment ajusté au volume de la salle, gymnastique difficile pour un spectacle créé dans un autre lieu)
J’ai eu du mal à me laisser emporter par l’histoire, mais cela valait la peine d’attendre. En effet, lorsque le spectateur devine qu’on essaye de le manipuler, il n’aime pas ça du tout ; mais s’il s’aperçoit trop tard qu’il a été manipulé, alors il jubile. C’est ce qui est arrivé : on nous a bien eus, on nous a menés là où on le voulait, c’était vraiment très bon. Ce qui prouve que certains procédés classiques ― comme celui où l’on voit un personnage faire répéter un rôle à un autre, le théâtre dans le théâtre, et plus largement la mise en abyme ― peuvent être toujours réinventés.
Reste l’affiche, très belle à mon goût, mais certainement pas représentative du spectacle. Il me semble en effet qu’elle en donne une image un peu "prise de tête", alors que cette représentation fut très digeste.
Je ne crains donc pas de recommander cette pièce à ceux qui ne l’ont pas encore vue.

Je terminerais en disant deux mots sur le fond : Il serait injuste de dire que le théâtre n’est pas le sujet principal de la pièce. Qu’il ne sert que de prétexte pour donner à voir les ressorts véritables qui animent chacune des protagonistes.
Car ces rancœurs, cette jalousie, tous ces soubresauts qui les agitent ont pour origine le théâtre. Pas le théâtre que l’on reçoit bien sûr, mais le théâtre que l’on donne. Et ces femmes sont toutes du même côté de la rampe, celui où l’on fait du beau, celui où l’on crée ; toutes les quatre ont ce désir d’expression, mais aussi ce besoin de reconnaissance, d’être aimées, d’être en haut. Si elles ont fait le conservatoire c’est aussi pour cela, pour qu’elles puissent s’aimer elles-mêmes.
L’histoire qui raconte ce besoin contrarié parle donc bien du théâtre. Pas celui que l’on voit bien sûr…

Texte de Josep M.Benet I Jornet
Mise en scène de Frédéric FIALON

Cie Alcantara
Spectacle représenté à l’Espace MAGNAN, salle Jean VIGO
le vendredi 14 avril 2006

Commentaires

Merci du lien. Je fais la même chose.

Ecrit par : Garibaldo | 21.04.2006

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